Famille recomposée : amour, chaos et remises en question
- Christel Milliard

- 10 mai 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 juil. 2025
"C'est avec beaucoup de vulnérabilité que je vous partage mon premier texte. Bonne lecture."

Hier soir, pendant que je pliais la 4e brassée de linge, en essayant de garder mon calme devant les débordements émotifs du moment, j’ai senti une vague monter en moi. Un trop-plein.
Il y a des soirs comme celui-ci où je me sens perdue.
Pas par manque d’amour.
L’amour est bien là — pour mes enfants, mes beaux-enfants, mon conjoint.
Mais malgré cela… je cherche encore ma place, ma posture, mes repères.
Je ne sais plus exactement quel rôle jouer, quelles responsabilités assumer, quand intervenir ou me retirer.
Je me débats parfois entre l’envie d’être juste, présente, équitable…et la fatigue profonde de répéter, de contenir, de composer avec le chaos.
Il y a le bruit, les conflits, les débordements, les tensions…
Et au milieu de tout cela, je sens que je m’éloigne de moi-même.
De ce que j’aspire à être, profondément.
Je doute.
Je me questionne.
En plus… je suis intervenante de métier.
Mais la théorie ne fait pas disparaître le chaos.
Et savoir ne me protège pas de ressentir.
Je suis dans ma vie comme tout le monde : parfois solide, parfois ébranlée.
Et je réalise que le fait d’être intervenante ajoute une couche de pression invisible.
Comme si je devais être constamment en maîtrise.
Comme si j’étais censée savoir comment faire… tout le temps.
Être une mère disponible et à l’écoute.
Être une belle-mère compréhensive et attentionnée.
Celle qui ne craque pas. Celle qui comprend toujours.
Et pourtant, j’entends…
…que je suis froide… alors que j’essaie de rester calme.
.…que je suis colérique… alors que je me retiens longtemps avant de perdre patience.
.…que je suis injuste… alors que je m’efforce d’être équitable.
Et je ne nie rien de tout cela.
Je suis humaine.
Et malgré toutes mes bonnes intentions, je me demande sincèrement : Est-ce que mon "mieux" est suffisant ?
Suffisant pour poser un cadre rassurant sans me perdre ?
Suffisant pour incarner et partager l’amour que j’ai en moi ?
Suffisant pour m’épanouir et contribuer au bonheur de ma famille ?
Peut-être est-ce un appel à poser mes limites autrement.
À m’offrir davantage d’espace, de temps, de douceur.
À revoir ma posture de belle-mère, que je croyais plus équilibrée, mais qui se révèle encore instable.
Et si tout cela, aussi inconfortable soit-il, faisait partie d’un processus de croissance ?
Un chemin vers plus de conscience, d’ancrage, de vérité intérieure ?
Je n’ai pas toutes les réponses.
Mais j’ai cette envie de mettre des mots sur la vraie vie, celle qui ne se filtre pas, qui ne cherche pas à plaire, mais qui mérite d’être vue, entendue, comprise.
J’écris tout ça sans recette, sans fin glorieuse.
Juste avec l’envie d’être vraie.
Et peut-être que d’autres se sentiront un peu moins seuls dans ce grand tourbillon, ce chemin d’ajustement constant qu’on appelle la famille recomposée.
Christel✨



Super beau texte, merci de partager ta vulnérabilité avec nous. 💜