Hommage aux femmes piliers
- 11 févr.
- 2 min de lecture
Je sors de mon silence créatif pour rendre hommage aux femmes piliers, dans le cadre de la Semaine de la psychoéducation.
Dans mon rôle de psychoéducatrice, j’accompagne souvent ces femmes fortes, brillantes, engagées, performantes, actives, dévouées, passionnées… Celles qui ressentent profondément le besoin de contribuer au mieux-être collectif. Elles sont partout dans notre société. Elles occupent plusieurs rôles et portent différents titres.
Elles s’adaptent facilement à leurs milieux et à leurs relations parce qu’elles détectent rapidement les besoins autour d’elles. Elles voient, elles ressentent, elles anticipent. Comme elles veulent que tout fonctionne et que tout le monde se sente bien, elles répondent vite. Parfois même avant que les autres aient réalisé qu’ils avaient un besoin.
Elles prennent beaucoup sur leurs épaules. Elles compensent, elles comprennent, elles écoutent, elles rassurent.
Elles peuvent tenir longtemps comme ça. Très longtemps. Jusqu’à ce qu’il y ait une demande de trop. Une tâche de trop. Une remarque de trop. Celle qui vient brasser quelque chose à l’intérieur et qu’elles ne peuvent plus ignorer.
La fatigue s’installe. La pression. La lourdeur. Le sentiment d’être dépassées. Coincées. Parfois l’irritabilité apparaît. Ou une grande sensibilité. Parfois même une forme de déconnexion… comme si elles fonctionnaient en pilote automatique, spectatrices de leur propre vie.
Pour se rassurer, elles se répètent : « c’est normal », « je vais m’habituer », « ça va passer », « je suis capable »…
Parce qu’elles ne veulent pas déranger. Elles ne veulent pas être lourdes. Elles ne veulent pas blesser, provoquer des réactions, créer de l’insatisfaction ou recevoir des critiques. Elles sont conscientes de tout ce qui se passe autour d’elles. Elles ont appris à être respectueuses, loyales, gentilles, serviables. À être « bonnes », dans tout, tout le temps. À être de « bonnes personnes ».
Mais quand la tension continue de monter, elles sentent qu’elles ne peuvent plus continuer exactement de la même façon… sans toujours savoir comment faire autrement.
C’est à ce moment que je les accueille dans mon univers.
Un espace pour déposer ce qui est devenu trop lourd. Pour relâcher ce qu’elles retiennent depuis trop longtemps. Un espace où l’on observe simplement ce qui est là. Sans jugement. Sans pression de « faire plus », « changer plus », « porter plus », « contenir plus ».
À cette femme pilier, je dis :
« Tu es assez. Tu as le droit de ressentir et d’exprimer ce qui est là en toi. Tu n’as pas besoin de performer, de te justifier ou de prouver quoi que ce soit. Je t’accueille comme tu es, à l’endroit où tu es. »
Que ces mots te rappellent que tu n’as pas à choisir entre tes besoins et ceux des autres. Les deux sont légitimes.
Christel 🌿
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